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Concept.FranceMOB

l'Architecture d'Aujourd'hui

11 Octobre 2009 , Rédigé par Processus & Synergies Publié dans #Analyse d'un Projet

le noir anthracite du Palais de justice de Nantes
et le rouge violent de ses salles d’audience. . .(cliquer photo )


Dans l’océan de la production architecturale évoluent des auteurs à part entière.
Des architectes qui développent une pensée sur la ville, qui s’interrogent sur la façon de répondre à la célèbre exhortation de Rimbaud :
 « Il faut être moderne ».
A chacun son style.


A l’instar du cinéma, l’architecture a ses auteurs.
Certains théorisent, d’autres construisent, tout simplement.
Mais, quelle que soit leur famille de pensée, ou leur mentor - qui Frank Gehry, qui Carlo Scarpa -, tous déclinent le mot contemporain dans le contexte de la métropole moderne.


Un contexte qui s’est beaucoup transformé ces dernières années.
Non seulement l’échelle de la commande a changé - fini les grands ensembles -, mais les attentes de la société ont évolué.
Car, fort heureusement, la dictature de la « table rase », promue par Le Corbusier, considérant qu’il fallait détruire l’œuvre architecturale passée pour construire celle de l’avenir, portée par l’urbanisme des années 60-70, n’a plus de prise dans un monde qui s’accroche à son patrimoine.

 L’ère des villes nouvelles, ces cités-dortoirs sans âme érigées à la périphérie des grandes villes comme Paris, est révolue en Europe tout du moins.
L’heure n’est plus, en effet, à la consommation de territoire, mais plutôt à la requalification des « délaissés urbains ».

 Cela dans l’émergence de nouveaux concepts.


Christian de Portzamparc  revisite ainsi le modèle de la cité-jardin pour réduire l’impact du bâti à la campagne dans la périphérie de Montpellier.

Et l’Equerre d’argent, prix récompensant le meilleur bâtiment de l’année, a été attribué en octobre 2000 à l’extension d’un centre sportif dans le XVIIe arrondissement de Paris, réalisé par le jeune architecte Philippe Gazeau ; un bâtiment qui a réussi à trouver son identité entre une station service, un cimetière et le périphérique !

Cette démarche de reconquête est dans l’air du temps, et le travail de Jean-Michel Wilmotte  sur le patrimoine de Lisbonne - musée du Chiado, 1994, est exemplaire à cet égard
.


http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/article_imprim.php3?id_article=21897

( cliquer )

Jean Nouvel est l’une des plus grandes signatures internationales.
C’est aussi l’enfant terrible de l’architecture française ;
il est connu pour ses coups de gueule comme pour la force de ses projets.
Engagé dans la « résistance » au moment de la destruction des magnifiques Halles de Paris en 1976 pour appeler à une réflexion d’envergure sur la transformation de cet immense espace en plein cœur de la capitale, il tapera du poing sur la table, vingt ans plus tard, pour dénoncer l’absence de débat et de projet sur la reconversion de l’île Séguin, friche industrielle des plus emblématiques qui abritait les usines Renault jusqu’à il y a une dizaine d’années.


Ses projets, conçus souvent comme de vrais manifestes, sont porteurs de débat.


Lauréat du prix Pritzker 2008, la plus importante récompense mondiale du secteur.

 (cliquer photo )
Son crédo : ne pas avoir de style , l’important étant d’adapter les bâtiments à leur environnement ainsi qu’aux besoins de ceux qui vont y vivre, travailler et évoluer.

L’institut du monde arabe représente l’un des axes de prédilection  de Jean Nouvel :
 la mise en valeur de la lumière. 
Utilisant la fonctionnalité des moucharabiehs (ces fenêtres servant dans la tradition arabe à voir sans être vu), il va les adapter à la technologie moderne en les mécanisant et en les contrôlant par des cellules photoélectriques. 
Ils s’ouvrent et se ferment en fonction de la luminosité ambiante, offrant ainsi de superbes mosaïques de lumière.

Extérieurement l’institut situé au centre du Paris historique devait se mouler dans son environnement extérieur, sans choquer. 
La solution : faire des façades en verre afin de se fondre dans l’environnement, refléter  le voisinage.


 http://www.jeannouvel.com/

Jean Nouvel, architecte star bardé de distinctions et désormais lauréat du prix Pritzker, essaime depuis vingt ans dans le monde son architecture de la transparence, faite de verre et de métal, dont les plus célèbres exemples sont le musée du quai Branly à Paris ou la tour Agbar de Barcelone.

Aujourd'hui à la tête d'une équipe de quelque 140 personnes, Jean Nouvel, 62 ans, a réalisé des dizaines de musées, immeubles de bureaux, théâtres, logements ou résidences privées en Europe, aux Etats-Unis ou au Japon.
Parmi ses réalisations les plus connues, se trouvent pêle-mêle l'Institut du Monde Arabe à Paris, qui a lancé sa carrière internationale en 1987, l'immeuble Nemausus de Nîmes, la Fondation Cartier à Paris, l'Opéra de Lyon, la Dentsu Tower de Tokyo, l'extension du musée Reina Sofia de Madrid, le centre de Culture et de Congrès de Lucerne ou le récent théâtre Guthrie de Minneapolis.
Les Ateliers Jean Nouvel travaillent toujours aujourd'hui sur des dizaines de projets en cours, parmi lesquels le Louvre à Abou Dhabi, la Philharmonie de Paris, une salle symphonique à Copenhague, un immeuble de bureaux à Londres, des logements à Ibiza, le port de Vigo en Espagne, une tour à Vienne, à Manhattan (New York) ou à Marseille
.

http://www.linternaute.com/savoir/magazine/photo/jean-nouvel-a-travers-ses-oeuvres/jean-nouvel-a-travers-ses-oeuvres.shtml
http://www.france-info.com/chroniques-entrevue-schick-2009-01-04-jean-nouvel-architecte-humaniste-230821-81-373.html
Défendant une architecture "contextuelle et conceptuelle" où le bâtiment "n'ignore jamais où il se trouve et ce qui se situe autour de lui", l'architecte et urbaniste n'hésite pas à manier le paradoxe, en affirmant que "l'avenir de l'architecture n'est pas architectural".
Militant, il co-fonde le syndicat de l'architecture en 1977 - ses coups de gueule lancent des débats sur l'architecture et la ville, comme cela fut le cas lors du réaménagement du quartier des Halles à Paris ou sur l'avenir de l'île Seguin dans la banlieue parisienne
.

http://histoiregeolyceerombas.over-blog.com/article-18818708.html

http://www.larchitecturedaujourdhui.fr/
"L'Architecture d'Aujourd'hui"
s'offre un nouveau départ qu'elle doit à Jean Nouvel, François Fontès et Alexandre Allard
Un million d'euros ont été engagés pour sauver l'AA, fondée par André Bloc en 1930.

Le nouveau "'A'A'" porte le numéro 374, en signe de continuité avec "L'Architecture d'Aujourd 'hui". Mais, souligne Jean Nouvel, le titre a été "reconçu à 100%" et chaque cahier, selon lui, a son ADN. Outre Jean Nouvel, conseiller de la rédaction, plusieurs architectes de renom comme Frank Ghery, Winy Maas, Anne Lacaton, Jean-Philippe Vassal mais aussi le designer Philippe Starck ou l'ancien ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres font partie du comité éditorial.

http://info.france2.fr/medias/Architecture-d-Aujourd-hui-repara%C3%AEt-58633613.html

Maintenant, qu’en est-il de l’image chez Nouvel et quelle place tient-elle dans sa production, construite ou non.
On dira d’abord la première place, quitte à devoir préciser aussitôt : car si chez lui, une image renvoie bien à une autre image, elle ne renvoie la plupart du temps qu’à une seule autre image.
 Et celle-ci n’est autre que l’idée du projet, cela même que la vieille école (les architectes « Beaux-Arts ») appelait le parti
et que Nouvel, pour sa part, préfère appeler concept, sans jamais réussir à nous faire sentir l’abîme qui, selon lui, sépare pourtant ces deux mots.


http://www.vacarme.org/article281.html

De fait, Nouvel appuie tous ses projets sur une idée, d’emblée choisie forte et simple, et qu’il ne cessera de toujours mieux simplifier jusqu’à la condenser en une image.

De sorte que le bâtiment n’a plus rien à donner dès lors qu’on a saisi l’idée (le parti, le concept ou l’effet) ce qui n’est ni très long, ni très difficile.


http://www.knock-on-wood.net/article-3127408.html  ( voir article / Musée )
Arts premiers 
 ( cliquer photo )

l’époque :

Une deuxième série de questions devrait concerner la nature de ce que Nouvel appelle « l’époque », le « contemporain », ou encore « l’actuel ».
Est-ce une simple formule qui, répétée comme une incantation, en vient à persuader celui qui l’entend - mais aussi celui qui la répète - de la nouveauté et de l’importance de l’œuvre ?

Si oui, Nouvel et ses critiques l’entonnent-ils pour faire la blague (une simple complaisance tactique, irritante mais de bonne guerre)
ou bien parce qu’ils y croient vraiment (alors c’est de la complaisance sincère, et il faut s’inquiéter) ?
Sinon - si ça n’est pas une simple incantation mais une réalité complexe -, comment l’abordent-ils, et comment la présentent-ils ?


Car l’actuel ne se laisse pas facilement saisir.
C’est, disait Baudelaire dans Le Peintre de la vie moderne, cette part essentielle du moderne qui relève du fugace et de l’éphémère, celle qui, dans moderne, fait écho à « mode ».
Nouvel se distinguerait-il alors précisément par ce talent-là ?
 Serait-il notre « architecte de la vie moderne » ?

Mais comment Nouvel, pour son compte, choisit-il dans l’époque, lui qui, à « l’architecture considérée comme l’art d’organiser l’espace »,
préfère « sans nier cette évidence, voir l’architecture comme la pétrification d’un moment de culture »

« L’espace redevient global, essentiel, préalable, initial ; il redevient métaphysique. C’est dans cet espace que flotte le visible. »
Jean Nouvel : Conférence donnée dans le cadre du XIXe Congrès de l’Union Internationale des Architectes à Barcelone, le 6 juillet 1996, reprise dans le catalogue de l’exposition Jean Nouvel, Paris, éd. du Centre Pompidou, 2002.

contexte :

Une troisième série de questions, enfin, pourrait interroger le « contextualisme » de Nouvel. Contexte et contemporain sont liés.
Tous deux désignent la complexité de ce qui co-existe, la co-présence des choses

D’une part, le contexte ou le contemporain, surtout entendus de manière aussi vague, ne valent pas pour eux-mêmes, mais pour ce qu’on en fait.
Or l’architecture, sur ce point, est comme tout le reste :
elle ne vaut pas en tant qu’elle épouse et traduit son temps , mais parce qu’elle nous force à penser notre temps et, ce faisant, à lui échapper :
c’est ainsi que les créateurs peuvent, en s’attachant à « l’actuel », nous arracher au présent ; ils nous font entrevoir l’éclair d’un autre monde en germe dans celui-ci -un monde à éviter ou à rechercher selon qu’il nous paraît pire ou meilleur que le nôtre.

D’autre part, le contexte et le contemporain ne valent que par ce qu’on en sélectionne : quelles données choisit-on (ou mieux : comment les construit-on), au nom de quoi et dans quel but ?



Wooden Houses and Comfort :
http://www.knock-on-wood.net/pages/WOODEN_HOUSES_and_Comfort-1562468.html

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